SOUNDCLOUD : « NOUS NE SOMMES PLUS UN SITE UNDERGROUND »


Le site de partage de musiques compte déjà plus de 180 millions d’utilisateurs et continue de miser sur un modèle semi-payant. Interview de son cocréateur.

A l’occasion de la conférence LeWeb à Paris, SoundCloud a dévoilé, mardi 4 décembre, une nouvelle version de son site de partage de musique. Alors que plus de 180 millions d’internautes publient chaque minute 10 heures de sons (musique, podcasts, interviews…), les deux Suédois fondateurs de la plate-forme entendent simplifier les recherches et la découverte de nouvelles écoutes. Le point avec Eric Wahlforss, cofondateur et directeur technique de SoundCloud.

Les morceaux de Rihanna sur Soundcloud (DR)

Combien comptez-vous d’utilisateurs en France et dans le monde ?

– SoundCloud attire plus de 180 millions d’utilisateurs chaque mois, soit environ 8% des internautes du monde entier. C’est colossal ! Nous en sommes très fiers. Avec notre nouvelle version, nous espérons continuer d’accroître ce chiffre. En ce qui concerne la France, je n’ai pas de nombre précis à vous donner, mais je peux vous dire que c’est un pays utilise beaucoup notre plate-forme.

Quelle est l’histoire de SoundCloud ?

– Tout est parti d’une frustration. Il y a cinq ans, alors que je discutais avec Alexander [Ljung, l’actuel PDG, NDLR], nous nous sommes dit qu’il manquait vraiment quelque chose sur internet pour que les compositeurs puissent partager leurs créateurs. Nous étions tous les deux dans le monde de la musique. Alexander travaillait dans la création de sons pour le cinéma, et moi j’étais producteur et passionné de musique électronique depuis l’adolescence. Nous avons donc imaginé une plate-forme où les créateurs puissent partager leur musique et échanger avec leurs auditeurs.

Pourquoi avoir installé SoundCloud à Berlin et non à Stockholm dont vous êtes tous les deux originaires ?

– Berlin est une ville géniale avec un incroyable bouillonnement de culture qui brasse les créateurs. Pour les arts, pour la musique, il y a une énergie créative. Et, il y a quelques années, de nombreux entrepreneurs se sont installés en Allemagne pour lancer leur start-up. L’art a alors rencontré les techniciens. Le tout avec une touche underground. Berlin était donc la ville parfait pour nous lancer, surtout qu’elle a tout le potentiel pour devenir la capitale de l’Europe.

Quel est votre modèle économique ?

– Il est très simple : l’internaute peut utiliser SoundCloud gratuitement, et peut s’abonner pour utiliser certaines fonctions avancées. Notre stratégie se concentre sur ce modèle dit « freemium », sans publicité ni exploitation de la vie privée des utilisateurs. Et à l’avenir il devrait perdurer.

Vous considérez-vous comment un concurrent de Spotify ou de Deezer ?

– Fondamentalement, nous jouons dans deux catégories différentes. On pourrait plutôt nous rapprocher de YouTube où des créateurs publient et partagent leur vidéo, soit ce que nous proposons avec le son. Mais nous ne sommes en compétition avec aucune de ces plates-formes, même s’il est possible de nous rapprocher.

Imaginez-vous un jour vendre de la musique sur SoundCloud ?

– La plate-forme offre un très large spectre de créateurs. Si large que désormais nous pouvons compter sur de nombreux podcasts, dont ceux de Radio France, ou sur les discours de la Maison Blanche. Si dans ce large catalogue, des créateurs souhaitent vendre leur musique, ils peuvent tout à fait intégrer un bouton « acheter » relié à différentes plates-formes, telle iTunes. Nous n’avons pas prévu d’aller plus loin que cette intégration de lien. Ce n’est pas notre modèle et nous n’y réfléchissons même pas.

Où voyez-vous SoundCloud dans 10 ans ?

– Chaque minute, plus de 10 heures de sons sont publiées sur SoundCloud. Le temps d’écouter un morceau, il y a déjà 30 nouvelles heures à découvrir. Donc tous nos efforts se concentrent sur l’orientation de l’auditeur. Nous voulons l’aider à trouver du contenu qui lui correspond en fonction de ses écoutes, mais aussi de ses goûts indiqués sur Facebook. Améliorer cette recommandation tout en simplifiant l’utilisation, c’est une sorte de course à la perfection infinie.

Que diriez-vous si Facebook ou Apple proposait de vous racheter pour un milliard de dollars ?

– [Rires] Pour l’instant, notre mission est surtout de continuer à croître. Que notre catalogue s’étoffe, que notre nombre d’utilisateurs augmente, et que notre équipe s’agrandisse. Nous nous concentrons surtout là-dessus.

Vous apparaissez comme un site proposant surtout de la musique underground. Aimeriez-vous attirer des stars internationales commeRihanna ?

– En fait, Rihanna publie déjà des morceaux sur SoundCloud. De grosses pointures musicales utilisent actuellement notre plate-forme. Il est vrai qu’il y a quelques années, nous ne proposions que de la musique alternative. Mais avec l’explosion des utilisateurs et l’enrichissement de notre catalogue, nous sommes clairement devenus grand public. Avec un million de nouveaux inscrits chaque mois, nous ne sommes plus un site underground.

http://obsession.nouvelobs.com/high-tech/20121204.OBS1362/soundcloud-nous-ne-sommes-plus-un-site-underground.html

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