Les adolescents français migrent vers Twitter.


Jusqu'à présent, les adolescents plébiscitaient Facebook mais trop d'obligations et pas assez d'anonymat ont peu à peu raison de cet engouement.

Jusqu’à présent, les adolescents plébiscitaient Facebook mais trop d’obligations et pas assez d’anonymat ont peu à peu raison de cet engouement.

Près d’un 15-24 ans sur cinq préfère à présent ce réseau social à Facebook.

Il était entendu que les adolescents ne tweettaient pas! Que les fameux natifs du digital boudaient ce réseau social jugé austère. Trop adulte à leur goût, pris en main par des technophiles et autres tendanceurs. Twitter et ses messages de 140 caractères n’avaient pas le charme d’un profilFacebook, ripoliné comme un book de star. Mais les pratiques évoluent. Derrière les records de fréquentation battus en mai, en France, par Twitter, avec 6,2 millions d’internautes, se cache une recomposition. Les plus de 55 ans affluent… tout comme les adolescents.

Quelque 16% des 15-24 sont déjà sur le réseau de micro-blogging en France, selon les derniers chiffres de l’institut ComScore. La plupart sont des jeunes adultes, mais Twitter séduit doucement les lycéens. Une étude du Pew Center, une fondation américaine qui explore les pratiques numériques, montre qu’en juillet, 16% des jeunes âgés de 12 à 17 ans disaient utiliser Twitter contre seulement 8% il y a deux ans.

Jusqu’à présent, les adolescents plébiscitaient Facebook. Mais l’arrivée des parents, grands-parents, cousins… a transformé leurs profils en réunions de famille. «J’ai fini par me lasser de voir Facebook pollué par tous les fâcheux que j’ai dû accepter comme friends», raconte Rafael, qui vient de passer son bac français.

«Twitter, c’est juste à moi»

Anaïs rit: «Tu veux parler de nos parents? On a été obligés de les laisser entrer sur le profil, sinon c’était la crise. Et même si on les cantonne dans une partie émergée de notre profil (en paramétrant les informations qu’ils peuvent voir), on se sent toujours un peu espionnés!»

À l’inverse, les risques de rencontrer sur Twitter des membres de sa famille et même ses copains de lycée restent encore faibles. «Twitter, c’est juste à moi», plaide Bruno, 17 ans, qui vient de lancer son compte. Sur ce site, «tu prends un pseudo et tu es libre de construire ton personnage», analyse Boris, qui explique pourquoi il a quitté Facebook. «J’avais tout le lycée sur mon profil. Je me sentais sous pression à devoir gérer mon image, ne pas pouvoir dire non à ceux que je n’aime pas.» Un motif d’angoisse aiguë pour les jeunes, si l’on en croit des études britanniques.

Facebook a valorisé les ego, en offrant à chacun une scène. Une exposition excitante et agréable pour beaucoup, mais aussi stressante, semble-t-il. «J’en avais marre de vérifier toute la journée si j’avais des “like”, des messages», raconte Helena, 17 ans. Ou encore d’effacer les commentaires «débiles laissés par des friends que l’on connaît à peine.» Sur Twitter, «c’est comme à la télé: des gens te regardent, mais tu n’as pas besoin de faire semblant de les reconnaître». «On peut trouver beaucoup plus de fans», renchérit Louis, un brin mégalo.

Sur Facebook, tout reste, tout se paie

«Il semble que Facebook soit ringardisé», avance le psychanalyste Boris Guimpel, spécialiste des réseaux sociaux qui reçoit des adolescents en consultation.

Daphné a ouvert un compte Twitter par envie d’anonymat, pour «délirer. Sur Facebook, tout reste. Tout se paie. Tandis que sur Twitter, je me marre». Les messages sont mi-grivois, mi-infantiles. «On voit ta culotte.» «OK, je l’enlève», peut-on lire, par exemple, sans savoir s’il s’agit d’une blague au second degré…

Twitter, c’est aussi la possibilité de suivre des stars, comme un copain. De savoir ce que devient Justin Bieber ou Lady Gaga, d’approcher des vedettes. De les interpeller aussi. Ou de reprendre leur message comme on savourerait un autographe.

Ce n’est encore qu’un frémissement sur la Toile, où les modes se succèdent. Après MSN, la messagerie instantanée, les blogs, puis Facebook, des adolescents se cherchent sur Twitter, profitant de l’anonymat des surnoms, mais aussi de la possibilité d’être «suivis» par des followers. Une tentative pour savourer la notoriété qu’offre le Net sans les ennuis d’une empreinte qui porte son nom et ne s’efface jamais.

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2012/07/08/01016-20120708ARTFIG00188-les-adolescents-francais-migrent-vers-twitter.php

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